vendredi 3 août 2007
Données brutes sur les bas quartiers de Tana

- situé géographiquement dans une cuvette, plaine inondable
- 50 fonkontany concernés
- densité de population :
CUA en 2000 : 12 000hab/km²
pointes de 60 000 à 70 000hab/km² dans certains fokontany des bas quartiers
- concerne environ 350 000 habitants
- quartiers en crise d’espace constructibles
- 85% des familles possèdent des latrines familiales. Quelques latrines publiques existent, mais leur fermeture la nuit en limite l’utilisation
- entre 75 et 85% des familles ont accès à l’eau potable, dont 85% via les bornes fontaines
- 1820 habitants/ borne fontaine
- 25% des bornes sont endommagées ou ne fonctionnent pas
- les voiries primaires sont entretenues, les voiries secondaires et tertiaires sont très dégradées
- situations illicites estimées à 57%
- existence d’un habitat spontané
- population très jeune (65% ont moins de 16 ans) et majoritairement féminine
Rencontre avec les "bas quartiers"
Situé géographiquement dans une cuvette, la plaine de Betsimitatatra, les bas quartiers étaient, à ce que me disent les anciens d’un des quartiers populaires, occupés par des rizières.
Aujourd’hui, la plaine est urbanisée. De belles maisons à étages se mêlent aux constructions précaires bricolées par les habitants les plus pauvres à l’aide de matériaux de récupération : bâches plastiques, cartons, feuilles de tôles…L’inventivité des habitants tente de combler au mieux un manque évident de ressources et de moyens.
Il est un peu plus de 9h. Après être passées (Christina et moi) au siège d’Enda, nous nous rendons avec XX et XX, deux animateurs de l’ong, qui entament leurs visites de terrain quotidiennes. Au programme : sensibilisation des habitants aux projets de développement, visite et suivis des familles ayant adhérés au programme, discussion avec les responsables locaux…
Rassurées par la présence de ces deux « experts » du travail de terrain, nous empruntons notre première venelle en terre battue qui s’enfonce dans le quartier populaire d’Anosibe. Nos premiers réflexes consistant à éviter à tout prix les énormes flaques d’eau boueuses qui jonchent le sol s’arrêteront bien vite : la saison des pluies ayant commencé, garder ses pieds au sec relève de la mission impossible. L’eau est omniprésente, obligeant les habitants à faire preuve d’une adresse que nous n’avions pas : franchir avec assurance canaux et bassins sur quelques planches branlantes, sauter de briques en briques, ou sur des pierres entreposés par des habitants…
Il est un peu plus de 9h. Après être passées (Christina et moi) au siège d’Enda, nous nous rendons avec XX et XX, deux animateurs de l’ong, qui entament leurs visites de terrain quotidiennes. Au programme : sensibilisation des habitants aux projets de développement, visite et suivis des familles ayant adhérés au programme, discussion avec les responsables locaux…
Rassurées par la présence de ces deux « experts » du travail de terrain, nous empruntons notre première venelle en terre battue qui s’enfonce dans le quartier populaire d’Anosibe. Nos premiers réflexes consistant à éviter à tout prix les énormes flaques d’eau boueuses qui jonchent le sol s’arrêteront bien vite : la saison des pluies ayant commencé, garder ses pieds au sec relève de la mission impossible. L’eau est omniprésente, obligeant les habitants à faire preuve d’une adresse que nous n’avions pas : franchir avec assurance canaux et bassins sur quelques planches branlantes, sauter de briques en briques, ou sur des pierres entreposés par des habitants…
XX et XX échangent quelques mots et des sourires aux habitants que nous croisons : une femme, accompagnée de ses deux enfants en bas age, est agenouillée autour de bassines et lave son linge, près d’une eau des plus sombres, qui longe le mur d’une modeste construction en brique. Elle, et sa famille y habitent probablement. Des ordures recouvrent le sol. Face au regard de cette femme surprise dans son quotidien, une gêne s’installe alors en moi : comment dépasser le sentiment de ne pas être ici à ma place, comment dépasser le stade d’un voyeurisme malsain en côtoyant, l’espace d’une demie journée la pauvreté urbaine d’Antananarivo ? Ces pensées sont encore plus présentes lorsqu’au bout d’une dizaine de mètres, nous arrivons dans un grand terrain en friche, je saisis les composantes du site de manière simultanée : les herbes folles sont ici chez elle, les déchets et excréments couvrent le sol, des enfants, vêtus de lambeaux, y jouent pourtant. Des cases précaires où s’enchevêtrent les feuilles de tôle délimitent la scène. Volailles, moutons et autre animaux d’élevage y broutent, donnant à la scène un aspect surnaturel : sommes nous bien en ville ? Mes premières journées passées au centre ville, ou se dressent de belles maisons merina et les immeubles, ou s’affairent employés, hommes et femmes d’affaire, s’effacent vite face à cette vision crue et indélébile: nous sommes bel et bien dans un pays en développement. Nous ne sommes qu’à quelques mètres de la belle RN7, financée par l’AFD, la proximité de la ville haute permet de distinguer le prestigieux Rova (ancien palais royal) et les habitations de la colline. 
En saison des pluies, la plaine est partiellement inondée par les eaux usées de la Capitale. Alors que les classes moyennes s’installent sur les zones constructibles, de part l’aménageant de remblais, les classes populaires s’installent dans les interstices marqués bien souvent par une insalubrité. Peut-on pour autant parler de mixité sociale ?
Nous continuons jusqu’à ce que les berges inondées d’un bassin nous bloquent le passage. En saison des pluies, le bassin aménagé par la commune au centre du quartier sort de ses limites. Toute circulation dans la zone y est alors compliquée. Reflétant l’esprit de débrouille qui caractérise les habitants, des pneus usagés ont été entreposés dans la partie la moins submergée de la berge, permettant le passage jusqu’au pont qui traverse le lit du bassin. L’habilité est de rigueur pour cette traversée improvisée.
Arrivés de l’autre coté de la berge, XX pousse une porte en planches de bois, laissant deviner une cour en terre battue et plusieurs cases en bois, en terre crue ou en brique. Après quelques mots échangés, un homme nous laisse entrer dans la cour. Des enfants se précipitent vers nous, les adultes jettent des regards furtifs depuis l’intimité de leurs cases, d’autres n’hésitent pas à se rapprocher pour voir ce qui se passe. La vingtaine d’habitants de cette cour appartiennent à la même famille. Vivant dans une grande précarité, ils sont tous intéressés par les programmes d’amélioration d’habitat d’Enda. XX et XX viennent leur rendre visite quotidiennement, pour que s’installe une confiance mutuelle, m’expliquent-ils. L’un des problèmes rencontrés avec ces grandes familles est la difficulté que tous se mettent d’accord à un même projet.
D’autres visites de familles succèderont à cette première. Chacune évoquera des situations socio-économiques différentes, mais toutes mettrons en évidence le dénouement dans lequel de nombreuses familles se trouvent : logement exigu, toitures trouées non remplacées par manques de moyens, systèmes d’assainissement insalubre lorsqu’il y en a…
Nous sommes allés voir des familles ayant bénéficié des programmes d’aide d’amélioration de l’habitat. Les nouvelles constructions ainsi réalisées font la fierté de leurs propriétaires : l’accès à un logement salubre constitue une étape essentiel au développement des populations.
Nous continuons jusqu’à ce que les berges inondées d’un bassin nous bloquent le passage. En saison des pluies, le bassin aménagé par la commune au centre du quartier sort de ses limites. Toute circulation dans la zone y est alors compliquée. Reflétant l’esprit de débrouille qui caractérise les habitants, des pneus usagés ont été entreposés dans la partie la moins submergée de la berge, permettant le passage jusqu’au pont qui traverse le lit du bassin. L’habilité est de rigueur pour cette traversée improvisée.
Arrivés de l’autre coté de la berge, XX pousse une porte en planches de bois, laissant deviner une cour en terre battue et plusieurs cases en bois, en terre crue ou en brique. Après quelques mots échangés, un homme nous laisse entrer dans la cour. Des enfants se précipitent vers nous, les adultes jettent des regards furtifs depuis l’intimité de leurs cases, d’autres n’hésitent pas à se rapprocher pour voir ce qui se passe. La vingtaine d’habitants de cette cour appartiennent à la même famille. Vivant dans une grande précarité, ils sont tous intéressés par les programmes d’amélioration d’habitat d’Enda. XX et XX viennent leur rendre visite quotidiennement, pour que s’installe une confiance mutuelle, m’expliquent-ils. L’un des problèmes rencontrés avec ces grandes familles est la difficulté que tous se mettent d’accord à un même projet.
D’autres visites de familles succèderont à cette première. Chacune évoquera des situations socio-économiques différentes, mais toutes mettrons en évidence le dénouement dans lequel de nombreuses familles se trouvent : logement exigu, toitures trouées non remplacées par manques de moyens, systèmes d’assainissement insalubre lorsqu’il y en a…
Nous sommes allés voir des familles ayant bénéficié des programmes d’aide d’amélioration de l’habitat. Les nouvelles constructions ainsi réalisées font la fierté de leurs propriétaires : l’accès à un logement salubre constitue une étape essentiel au développement des populations.
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